Portrait de diplômé : Olivier Clertant !

Par Anaëlle - 19 mai 2023
Portrait de diplômé : Olivier Clertant !

Est-ce que tu peux nous parler de toi et de ton parcours avant d’arriver au Collège Marsan ?

Je m’appelle Olivier Clertant, j’ai 29 ans (bientôt 30 mon dieu) et je suis photographe , diplômé de la formation de photographie commerciale du Collège Marsan en 2018 !

Avant Marsan, j’ai étudié au sein d’une école d’ingénieur et d’une école de commerce sur Paris. Arrivé en fin de master, et après avoir travaillé pendant trois ans en tant qu’ingénieur commercial, dans la CAO électronique chez SIEMENS en alternance, j’ai décidé de prendre une année sabbatique et me consacrer à ma passion , la photographie.

Je cherchais un cursus court, potentiellement à l’étranger, et le Collège Marsan me semblait parfait pour une coupure d’un an et revenir ensuite sur Paris pour chercher un CDI. Et bien évidemment je ne suis jamais revenu ni à l’électronique, ni au CDI !

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©Olivier Clertant

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©Olivier Clertant

Comment s’est passée ton arrivée à Montréal et au Collège Marsan ?

Mon arrivée à Montréal était très douce, et très enrichissante. J’ai aimé l’ambiance de la ville, la proximité et la facilité à communiquer avec les Québécois que j’ai trouvé très accueillants et bienveillants. Le collège a été aussi pour moi une bouffée d’air frais, bien différente des écoles que j’avais pu découvrir à Paris.

Pendant les 16 mois de cours, je travaillais dans un restaurant le soir, j’étudiais la journée et je shootais le weekend pour explorer ma créativité débutante. (Je n’avais quasiment jamais utilisé un appareil photo avant le collège).

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Qu’est ce qui t’a marqué dans ta formation et quels sont les points forts de celle-ci selon toi ?

Les points forts pour moi, ont été la diversité de l’enseignement qui permet aux étudiants d’essayer différents types de photographies. Parce-que la photo de mode, le reportage ou les mariages n’ont absolument rien à voir !

J’ai particulièrement aimé les cours de culture photo et de création de portfolio. Pour moi, le plus difficile est de se trouver artistiquement, donc, pour se faire, il faut se cultiver le plus possible et cela passe par de la documentation, et de l’exploration. Une fois qu’on a trouvé notre créneau et notre pâte, le plus dur est fait ! Certains de ma classe d’ailleurs étaient absolument excellents dans ce domaine j’en étais secrètement jaloux…

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Comment s’est passée ton exposition finale, en sachant que tu étais dans les 5 finalistes pour le titre de M5? 

Pour le projet de M5, j’ai réalisé deux portfolios : un très mode, sur lequel j’avais travaillé avec une élève-designer sur les matières recyclables, et un second, composé avec des amies lors d’un voyage. J’avais trouvé l’exercice de création d’une série entière, particulièrement difficile. J’ai finalement penché sur celui qui me ressemblait le plus (il faut savoir s’écouter) !

Aujourd’hui encore, la construction d’une série qui a du sens (à nos propres yeux) est la partie la plus difficile. Mais ce sont les challenges de l’artiste !

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Comment ça s’est passé pour toi une fois que tu as été diplômé du Collège ? 

Une fois diplômé, je suis directement rentré chez Airbnb en tant que retoucheur photo pour les villas de luxe. J’ai donc mis en pratique mes compétences avec le logiciel Photoshop et cela m’a permis d’avoir un revenu fixe (il fallait que je rembourse mon prêt étudiant) et de continuer à développer des contrats en parallèle de mes projets. Je reconnais que j’avais un rythme un peu effréné, je travaillais la journée et le soir je shootais mes projets/contrats. J’ai fonctionné de cette façon pendant un peu plus d’un an, et après le COVID est arrivé…

Alors que je revenais pour mes vacances en France, les frontières ont été brusquement fermées et je suis resté bloqué. Au bout de quelques mois j’ai donc dû trouver un travail en France, et j’ai travaillé dans une banque spécialisée dans les crédits immobiliers. (Ça me paraît fou aujourd’hui!) En parallèle, j’ai cherché des contrats sur Paris et j’ai commencé à travailler pour quelques marques françaises, et j’ai petit à petit trouvé la compagnie pour laquelle je travaille aujourd’hui : Sézane !

Aujourd’hui je m’occupe de toute la retouche photo dans cette grande compagnie de mode à Paris, et je shoote pour eux également depuis peu. Je continue en parallèle mes contrats, et mes projets d’exposition .

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Peux-tu nous parler de tes différents projets et expositions ?

En ce moment je travaille sur deux expositions. La première sur des réfugiés LGBT venant d’Afrique. Et la seconde plus personnelle, qui parle de moi, et du retour à mes origines.

Voici la liste de mes expositions :

 2018: “SERENITE“, Montreal CANADA – Excentris

2019: “ECCE HOMO“, Montreal CANADA- Musee McCord

2021:LES VOIX DU SILENCE“, LuckyBastards, Paris FRANCE.

2021:Les Voix du Silence“, Théâtre des déchargeurs, 75001, Paris, FRANCE

2022: “Etudes Pré-Apocalypse“, Théâtre des déchargeurs, 75001, Paris, FRANCE

2023 :Ombres et Latitudes”, La Gazette Café, MONTPELLIER

Aurais-tu des conseils pour les personnes qui envisagent d’étudier la photo et de devenir photographe ?

Le métier de photographe est un magnifique métier qui me stimule quotidiennement. On peut passer d’une journée à l’autre, à photographier le trône de Napoléon (true story), le lendemain des réfugiés qui ont dû fuir leur pays et le surlendemain des mannequins pour une marque de vêtement. Il faut aimer le risque, le changement et les imprévus !

Le plus important est de rester patient car tout arrive à celui qui sait attendre !

Un dernier commentaire ?

Je pense en avoir dit pas mal !

Mais je pense que si l’on a la fibre artistique, il ne faut pas hésiter à tenter et à s’écouter ! Quitter le monde du commerce / ingénierie a été la meilleure décision de ma vie. Pour la suite, il faut faire preuve de patience et surtout ne rien lâcher.

Et un dernier commentaire : ne pas hésiter à savoir apprécier les critiques négatives (ce sont elles qui nous font le plus avancer) !