Entrevue avec Melissa St-Arnauld, ex-Marsan

Par Collège Marsan - 1 octobre 2019

Melissa St-Arnauld est diplômée de Marsan depuis 2015. Elle partage avec nous ses premières années en tant que photographe professionnelle.

Entrevue avec Melissa St-Arnauld, ex-Marsan
© Melissa St Arnauld

En quelle année as-tu été diplômée et quel a été ton parcours professionnel ?

J’ai obtenu mon diplôme en 2015 après avoir évolué dans différents secteurs. J’ai eu des contrats rapidement après la sortie de l’école. En fait, c’est assez drôle car mon premier contrat commercial a été réalisé 3 jours après Marsan et le mandat était de photographier des toilettes !  Le client a apporté les toilettes au studio de l’école et je les ai shootés.

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Sinon un de mes premiers clients a été l’entreprise Cacao 70. Nous avions réalisé pour eux un pro bono dans le cadre d’un exercice pour l’école et j’ai rebondi sur cette opportunité. J’ai osé les relancer et ça a été concluant. Je les ai eu comme clients pendant près de 4 ans, un contrat mensuel qui m’a aidé à démarrer. Il faut oser saisir toutes les opportunités, un simple exercice d’école peut se transformer en une belle collaboration.

Dès les premières années j’ai donc obtenu des contrats commerciaux, et un des gros avantages a été de mensualiser ces contrats. La mensualisation permet en plus de fidéliser le client sur une plus longue période (en comparaison à des contrats ponctuels), d’avoir des entrées d’argent régulières, ce qui est intéressant pour gérer le budget les premières années. J’ai été également la photographe pour le magazine « l’Art de recevoir » pendant plusieurs années, qui était non seulement un contrat récurrent mais une belle vitrine pour moi car je réalisais toutes les photos du mag (culinaire, déco etc…)

As-tu un espace de travail/studio ?

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Depuis un peu moins d’un an je partage un espace de studio (Le Narval) avec d’autres photographes et je suis équipée en flash Prophoto. Partager un espace de travail au début peut être un bon système, ça permet de faire des créatifs de mode ou des shootings commerciaux. C’est assez rentable, surtout en louant l’espace à d’autres photographes occasionnellement. C’est un petit investissement qui en vaut la peine.

Quel est le profil de tes clients ?
Comment obtiens-tu tes mandats ?

J’ai commencé avec des PME et ça grandit de plus en plus. Il y a certaines entreprises que j’ai démarchées moi-même. Par exemple lorsque je vois des images qui ne mettent pas en valeur une entreprise ou un produit, je propose mes services. Comme je fais de la direction artistique et de la photographie, je développe un concept avec le client et je réalise les images. J’ai eu plusieurs contrats où il a fallu que je refasse entièrement toutes les images du site.

Pour les Moulins La Fayette par exemple, il a fallu photographier 350 viennoiseries et pâtisseries en deux jours !

Mais je dirais qu’aujourd’hui on vient me chercher autant que je démarche, c’est 50/50. Souvent les gens me contactent car j’ai été recommandée par d’autres clients satisfaits ou encore car ils ont vu passer mon travail sur les réseaux sociaux ou dans les magazines pour lesquels je travaille. Le magazine Montréalais Dinette par exemple m’a apporté beaucoup de visibilité.

En ce qui concerne la nature de mes clients, cela varie mais je peux en citer quelques un :  Riviera, like a hotel, Roche Bobois, Cacao 70, L’art de recevoir, Dinette Magazine, La petite garçonne 1861, Sotheby’s…

Que penses-tu de l’utilisation des réseaux sociaux pour les photographes ?

C’est un moyen gratuit de promotion et de réseautage ! Il faut en profiter.

Je ne compte plus les fois où l’on m’a contactée pour des contrats à la suite de publications. Il ne faut pas être méfiant et présenter son travail au plus grand nombre, rester actif et présent dans l’esprit des gens. N’hésitez pas à partager votre travail au maximum.

As-tu des conseils pour les étudiants ?
Aurais-tu fait certaines choses différemment avec le recul ?

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Disons que j’aime être au centre d’un projet, et je pense avoir trop de leadership pour assister. J’aurai aimé peut-être faire de l’assistanat au début pour avoir plus de contrats et étendre mon réseau.

Mon conseil pour les étudiants, c’est d’être passionné avant tout ! Si ce n’est pas une passion, tu ne vas pas réussir. Il faut tout donner. Dès que j’ai un moment de libre je fais énormément de créatifs. Il faut être en activité permanente, surtout pour les réseaux sociaux. Ça m’est arrivé par exemple de partager du contenu culinaire, et quelques minutes plus tard, on me tague en recommandation pour un contrat, c’est comme ça que ça marche bien souvent. Ce n’est pas parce qu’on commence à avoir des contrats qu’il faut laisser tomber le créatif, au contraire, il faut toujours explorer sa passion !

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton métier aujourd’hui ?

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La liberté ! Le statut de travailleur autonome. Je suis mon propre patron. Être libre, ça n’a pas de prix.

Je ne vais pas vous mentir, il y a des moments plus durs que d’autres mais je remercie chaque jour de ne pas travailler dans un bureau de 9 à 5. La photographie m’a permis également d’assouvir d’autres passions. Depuis toute petite je suis passionnée de mode, j’adore fouiller les magasins de seconde main à la recherche de pièces uniques.

Pour mes shoots de mode, je préparais moi-même mes kits et à force de réaliser le stylisme, j’ai commencé à avoir des contrats de styliste moi-même. Pour le stylisme culinaire aussi je passe beaucoup de temps dans les brocantes à dénicher des objets et des textures intéressantes. En photographie, il faut être débrouillard !

 


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